Carrie Diaries, Le journal de Carrie vingt ans avant Sex and the City

Publié le 23 Juillet 2013

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Emily de Cafe-Powell publiait il y a peu un article sur Carrie Diaries (à lire ici) une nouvelle série apparue il y a peu sur nos écrans qui se réappropie le personnage de Carrie Bradshaw, célèbre de nom pour avoir été l'héroïne de Sex & The City. Personnage sincère et représentatif de la femme moderne, elle avait séduit durant six saisons les téléspectateurs du monde entier, s'imposant comme le modèle au féminin de millions de jeunes demoiselles, qui abordait des thèmes très contemporains, ceux de la recherche de l'éternel amour, de la beauté, du remède contre la vieillesse et des problèmes de sexualité. Si ces thèmes transversaux apparaissent également dans cette nouvelle série, vingt années plus tôt, ils n'en sont pas pour autant traités avec autant d'audace et de liberté.

L'âge de la jeune adolescente est l'alibi le plus efficace des scénaristes contre les délateurs qui s'amuseraient à lui reprocher sa trop grande naïveté. Pourquoi nous paraît-elle si lisse ? Pas de grande colère ni de gros défauts, elle règle ses petits problèmes du quotidien, ses grandes préoccupations de jeune adolescente avec l'intelligence et la maturité d'une Carrie Bradshaw adulte. N'y a t-il pas là-dedans un anachronisme flagrant, ou est-ce simplement un clin d'oeil prononcé à la Carrie du futur, qu'elle représente en filigranne ? Avec une (trop) grande pudeur parfois, une gentillesse excessive, une naïveté à peine masquée, la Carrie fait face aux éternels chagrins d'amour - Sebastian y a une grosse part de responsabilité -, aux trahisons amicales, aux problématiques amoureuses et sexuelles, mais sans la même intensité que dans Sex & the City. Pour autant, elle n'en perd pas de sa profondeur : sa jeunesse est marquée par le décès de sa maman, qui permet de dévoiler un jeu d'acteur plutôt impressionnant, estampillé "série américaine". D'ailleurs, n'y a t-il pas dans les séries américaines des ingrédients qui font leur réussite ? La confrontation de la jeune adolescente face à la mort est, sans aucun doute, l'un des piliers de la série.

Ces jeunes filles sont les prototypes de ces femmes quadragénaires qu'elles seront dans une vingtaine d'années, évoquant toujours l'amour sous un angle sexuel et se dévergondant à mesure qu'elles se découvrent et apprennent à se connaître elles-même. Le grand amour n'y a pas perdu de sa valeur, puisque la Carrie pas encore diplômée est la grande rêveuse qui, vingt ans plus tard, continuera de chercher cet amour qui la transformera. Autre détail qui imprègne cette série comme elle imprégnait Sex & The City, c'est la complexité des relations humaines dans un univers urbain atypique, celui de Manhattan, ville de tous les possibles qui permet à Carrie la pratique de nouvelles expériences, comme celles du corps - qui reste pour elle un temple sacré et qui deviendra le coeur des intrigues amoureuses et sexuelles de la Carrie du futur -, et de nouvelles rencontres qui pimenteront l'intrigue.

Sans avoir visionné toutes les saisons de Sex & The City (que je n'ai fait que zieuter), Carrie Diaries reste dans la même lignée que la série "mère" : un brin édulcorée, plus enfantine, beaucoup plus sage, elle n'en demeure pas moins intéressante pour la pertinence des thèmes abordés, leur contemporanéité, et la douceur qu'apporte la jeune actrice du Secret de Térabithia, qui porte littéralement la série sur ses épaules, de par sa spontanéité et le charme de ses bouclettes dorées !

Si Carrie crève l'écran, les personnages secondaires n'en demeurent pas moins sympathiques et attachants. Ils permettent à chacun d'entre-nous de se retrouver dans la diversité des personnalités, dans les facettes multiples que cet éventail de personnages nous dévoile. La petite soeur rebelle, qui est bien plus que ce cliché de la jeune fille qui traverse une pseudo période gothique ; le meilleur ami perdu dans les tourments de sa sexualité ; la meilleure amie, rebelle, jalouse, grande gueule ; et la première de la classe, compétitrice acharnée et sans pitié. Et ce père... qui peine à faire le deuil de sa femme, perdu dans les affres de l'adolescence de ses deux jeunes filles, qui doit, en plus, affronter les propositions indécentes de quelques-uns de ses collègues. Cette palette de personnages n'est-elle pas la quintessence des années 80 en pleine transition, en pleine évolution des moeurs ?

Je n'ai jamais aimé ce type de séries, que je finissais toujours par trouver un peu indigestes à mon goût... Mais celle-ci détonne dans le grand océan des séries américaines. Visionnez Carrie Diaries, et ce n'est pas Emily qui me contradira !

Rédigé par L'épopée littéraire

Publié dans #Cinéma

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