Chapitre IV : Haute-Pierre, Patrick Cauvin

Publié le 21 Mai 2011

9782253041054-G

 

 

 

 

Un homme, une femme et un enfant surdoué s'installent pour quatre saisons qui s'annoncent merveilleuses dans un vieux manoir, Haute-Pierre.

 Après un été splendide, l'au tomne se referme sur Haute-Pierre où d'étranges phénomènes se produisent soudain. Mais, aujourd'hui, qui peut encore croire aux maisons hantées ?

Vous serez envoûté par ce roman de Patrick Cauvin, qui conjugue romantisme et humour avec un fantastique sens du suspense.
 
 

Haute-Pierre, un nom bien énigmatique qui cache une douceur printanière. Enfin ! je peux recommencer à lire. Alors j’ai décidé de miser sur le plaisir de la lecture, sur une histoire toute simple, sans fioritures ni préciosité… choisir du Patrick Cauvin, c’était avoir la certitude de passer de bonnes heures. Jackpot.

 

Haute-Pierre, c’est ce lieu de Paradis rêvé de tous et perdu dans un coin reculé de la France profonde. Haute-Pierre, c’est le pari que font trois personnages d’y vivre une année entière : quatre saisons durant lesquelles Marc, Andréa et son môme vont connaître les joies du grand air, la vie de campagne et les sorties familiales ; bref, l’apanage d’une existence paisible et séduisante. Vous vous doutez bien que l’auteur ne peut s’en tenir là. En neuf temps, Patrick Cauvin structure son récit au rythme du changement des saisons et des désillusions des personnages.

  

C’était cette volonté commune de se retirer du monde pour revenir à quelque chose de moins futile, qui motive ce couple nouvellement formé à s’exiler loin de toute civilisation (la campagne française n’a pas non plus la démographie au km² de l’Amazonie). Haute-Pierre rencontre ainsi un intérêt certain de la part de ces trois personnages : son charme, sa tranquillité et son aspect pittoresque font de ces trois compères les plus heureux personnages qu’on auteur peut esquisser. Mais de l’exaltation au désenchantement il n’y a qu’un pas : Marc, scénariste et curieux de nature, découvre progressivement un sombre passé qui hante sur Haute-Pierre. Cette histoire est narrée avec justesse : il ne tente pas d’entraîner le lecteur dans des élucubrations trop fantastiques et d’ordre surnaturel, il insère juste à petite dose des détails étranges, des faits rares qui pourraient être l’œuvre du hasard.

  

Mais rien, dans une œuvre de fiction, n‘est le fruit du hasard. C’est avec la cadence d’un métronome que ce brillant Cauvin nous pose les pierres d’un édifice énigmatique et insolite à la fois. La découverte de ce manoir aux mille facettes est entrecoupé de flash-back reprenant la rencontre des personnages, les facteurs qui les motivent à prendre retraite à Haute-Pierre. Le lecteur connaît un intérêt certain pour ce haut lieu de la tranquillité : quelques questions de Marc posées par hasard reçoivent des réponses troublantes, similaires, qui hantent le personnage comme le lecteur et le poussent à se renseigner. Le lecteur ne cache ni son impatience ni ses doutes.

 

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J'ai voulu innover pour cet article, allez savoir pourquoi, l'air marin doit m'inspirer. Regardez bien cette photo, parce que c'est trois heures de travail intensif : quand un manchot prend un appareil photo, c'est à peu près une trentaine de prises, des photos floues, des cadrages à vous en donner mal à la tête, et j'en passe et des meilleures. Honnêtement, j'ai dû m'y reprendre dix-neuf fois pour trouver comment enlever le flash. Un reflet apparaît sur cette photo, mais du coup elle me plaît bien. Alors soyons fous, gardons-la.

 

Le point négatif de Haute-Pierre - l’œuvre, cette fois-ci -, est l’intrigue qui peine à se mettre en place. Des passages du quotidien contrastent avec des moments d’adrénaline et d’attente captivée, comme si l’auteur s’employait à ne pas trop tomber dans le surnaturel ou la psychose. Le calme dérangeant qui empreint l’atmosphère du roman prédit toujours une tempête à venir. Cette histoire de vie donne l’impression au lecteur de toucher la réalité de plus près : quoi de plus agréable que de profiter des petites joies de l’existence, celles toutes simples liées à la nature que la technologie nous rend moins attrayante.

 

Patrick Cauvin nous donnerait presque l’envie de rompre avec notre terre-à-terre coutumier et de nous faire vierge de tout préjugé. L’intrigue - finement menée - s’accorde avec le cadre plaisant de la campagne et les psychoses que les circonstances développent au fil du temps chez les personnages. Haute-Pierre n’est certes pas une grande œuvre de la littérature contemporaine, mais c’est un bouquin agréable à lire que le lecteur ne lâche pas avant la fin. La double chute qui la compose détonne, trouble ; le lecteur ne parvenant plus à distinguer la réalité de la fiction. Le langage est simple, presque banal, mais flanqué d’un sacré nombre de références. Du Cauvin comme on les aime, avec un style direct, un franc-parler à toute épreuve, quelque chose de si simple mais de si touchant à la fois. Le langage a tendance à attester d’une apparente simplicité des personnages. Or, ils se révèlent bien plus complexes que le lecteur ne peut le penser de prime abord. Patrick Cauvin masque la réalité d’un voile, et son sens de l’humour aigüe, exquis, élégant, très fin même, n’est là que pour en accentuer le leurre.

 

Et Haute-Pierre, quant à elle - plus vivante que les personnages eux-mêmes - porte toujours un lourd secret... qui dévore de l'intérieur Marc Conrad.

 

En bref

 

Ô Patrick, Haute-Pierre ne vaut pas ton E = MC², mon amour, mais il m’a captivé. Et c’est largement suffisant pour faire l’éloge de ton livre.

Rédigé par L'épopée littéraire

Publié dans #Romans

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miao 04/10/2015 19:35

fermez la et sucez-moi la bite

Marie 27/06/2011 18:45



Je fais partie de ceux qui ont été déçus par Pythagore je t'adore. J'ai oublié les titres des 2-3 autres que j'ai lus, c'est dire s'ils m'ont marquée!



L'épopée littéraire 27/06/2011 19:27



Il me semblait bien qu'il existait une suite. Je vais laisser passer du temps pour me remettre à Cauvin... je vais me plonger dans du Alexandre Jardin, j'aime à tous les coups ! Bonnes lectures
Marie !



Marie 24/06/2011 14:45



J'ai adoré e=mc² mon amour et ai été plutôt déçue par les 2-3 autres romans de Patrick Cauvin que j'ai essayés. Je note tout de même celui-ci que je ne connaissais pas.



L'épopée littéraire 27/06/2011 11:39



J'en ai discuté avec plusieurs ami-e-s, et c'est l'idée qui ressort à chaque fois. Cauvin en a même déçu avec la suite de e=mc², mon amour, ce qui est bien dommage, étant donné que j'aurais voulu
m'y plonger avec grand plaisir. Tu connais quels autres livres de cet auteur ? (je dois avouer que celui-ci m'est tombé sous la main par hasard !)



Emily 22/05/2011 17:00


Je l'ai lu il y a "longtemps" (disons six ans) et je n'en garde pas un souvenir très marqué et ce n'est pas le livre de Patrick Cauvin que j'ai préféré...On m'avait promis une maison hantée, mais
Haute-Pierre n'était pas du tout ce que je recherchais.


L'épopée littéraire 28/05/2011 13:36



Tu as toi aussi une grande préférence pour E=MC², mon amour ?